Des racines et des rêves, le solidarisme est une voie d’avenir

Publié le lundi 8 avril 2019

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Motion adoptée à l’occasion du Congrès du 9 mars 2019

En décembre 2017, la famille radicale s’est retrouvée et a décidé de se forger un avenir commun. Notre famille a une histoire qui débute bien avant 1901 et la création du Parti radical et elle a, d’abord, des principes qui s’expriment si magnifiquement dans la devise de notre République « Liberté, Égalité, Fraternité ». Et surtout, nous avons toujours été présents dans les moments forts de l’histoire. Les engagements radicaux ont toujours donné un sens et un cap à l’organisation du bien vivre ensemble. Car, pour nous Radicaux, l’avenir n’est pas à l’exclusion et au rejet de l’autre.

La France est aujourd’hui à la croisée des chemins. Tant sur le plan international que sur le plan intérieur.

Sur le plan international, la mondialisation et la globalisation ont rebattu les cartes. Le leadership américain est devenu brouillon mais il s’évertue à continuer à régir notre vie alors même que les nouvelles Routes de la soie sont prêtes à ébranler nos modes de vie et de pensée. Sans oublier, malheureusement, les drames migratoires qui nous rappellent tous les jours notre devoir de solidarité.

Sur le plan intérieur, chaque fin de semaine, la désespérance se manifeste dans nos villes avec son lot de violences trop souvent orientées. Chaque semaine des entreprises ferment, non pas seulement du fait de la concurrence, mais souvent faute de main d’œuvre qualifiée ou de repreneurs alors que des millions de nos compatriotes sont au chômage et ne demandent qu’à suivre des formations et à travailler et que d’autres rêvent d’être entrepreneurs.

La France est au cœur des grandes mutations. Les Français vont-ils continuer à les subir ou en seront-ils des acteurs majeurs ?
C’est cette deuxième option que nous, Radicaux, nous choisissons. Les chantiers sont nombreux et titanesques. Il va falloir refonder l’Europe et en refonder notre République pour donner un nouvel élan à notre pays. Il va falloir répondre aux enjeux de la croissance mondiale et réussir la transition énergétique. Il va falloir donner un espoir à ceux qui n’en ont pas et un avenir à ceux qui n’en ont plus.
Notre vision radicale est celle d’un humanisme qui refuse les processus d’exclusion sociale et les discriminations de toutes sortes en faisant appel à la responsabilité de chacun, ouvrant ainsi un large champ d’autonomie et d’épanouissement personnel, d’initiatives sociales et d’actions solidaires.
La laïcité a ici toute sa place et son sens. Elle n’est pas un principe, c’est une conséquence de la nécessaire liberté de conscience qui permet de dire qu’aucune voie ne peut être fermée à l’homme dans sa tentative de dépassement personnel et collectif.
Le Radicalisme du XXIème siècle exprime sa confiance dans l’homme et dans la société́. C’est la juste signification de la solidarité et la condition réelle de sa mise en œuvre.
L’heure est arrivée d’ouvrir nos cœurs et de retrouver le chemin du solidarisme.
La doctrine de Léon Bourgeois va au-delà de la solidarité, car elle met non seulement l’homme au centre de nos préoccupations mais en fait surtout l’acteur de sa vie dans une société qui l’accepte et qu’il accepte. Est-ce le cas aujourd’hui ?

Nous, Radicaux, ne transigerons pas sur l’essentiel. Il faut déclarer l’urgence nationale, comme l’a fait Jean-Louis Borloo il y a un peu plus de 10 ans en lançant le plan de rénovation urbaine. Rappelons-nous l’état de délabrement scandaleux des cités et les émeutes débouchant sur l’état d’urgence. La France aurait pu basculer dans la guerre civile s’il n’y avait pas eu une volonté politique forte de proposer un autre avenir à nos millions de compatriotes logés dans des conditions indignes dans des quartiers désertés par l’emploi et où ne régnaient que la peur et les trafics. Sur l’impulsion de l’ancien président du Parti radical, la France a choisi une voie radicalement différente, en lançant le plan de rénovation urbaine qui a changé le visage de plusieurs centaines de quartiers et a réintégré dans la République les oubliés des cités. Un plan qui n’a été possible que parce que tout le monde a décidé d’unir ses forces. L’État et les collectivités locales, les partenaires sociaux au travers du 1% Logement, les associations et les habitants.

Aujourd’hui, notre société secouée de crises – aux conséquences multiples économiques, sociales, écologiques, etc. – ne peut se réduire à une lecture binaire. C’est pourquoi, nous Radicaux, nous nous devons de répondre aux attentes de nos concitoyens par l’expression de propositions concrètes et novatrices.

Alors même qu’on observe d’une part les solidarités diffuses et multiformes, variantes en ce début de Nouveau monde d’une charité laïcisée, et d’autre part les nouveaux schémas d’organisation sociale et l’ubérisation de la société, le solidarisme imaginé par Léon Bourgeois nous montre le chemin à suivre car il y a aujourd’hui urgence nationale à donner un avenir à nos jeunes. Il y a urgence nationale à mieux traiter nos aînés. Il y a urgence nationale à briser la fracture territoriale. Et il y a une urgence écologique car le lien de fraternité s’ancre aussi dans les générations qui se succèdent.

Comme l’écrivait Léon Bourgeois, il y a « un lien fraternel qui oblige tous les êtres humains les uns envers les autres, nous faisant un devoir d’assister ceux de nos semblables qui sont dans l’infortune ». A une société du poing fermé et menaçant, préférons une République de la main tendue.

Nous, Radicaux, européens, humanistes, écologistes et laïcs, devons porter nos idées, les faire entendre et les mettre en œuvre.

Nous, Radicaux, ambitionnons de construire une société de fraternité, de liberté, de solidarité en rendant chacun acteur de sa vie, acteur dans la vie de la cité et acteur responsable du changement.

Pour ce faire, soyons aussi visionnaires que nos prédécesseurs. Soyons les artisans de la reconstruction du Radicalisme et proposons la mise en place d’un pôle solidariste au sein du Mouvement Radical/Social-Libéral, qui sera l’une des pierres d’angle de nos futurs programmes électoraux.

Joël THIERY, membre du Bureau national
Jean-Loup DUJARDIN, membre du Bureau national
François GILABERT, membre du Bureau national, Président de la fédération de l’Isère
Luc LEHNER, membre du Bureau national

Signataires :

ANSELMO Pierre , AUZOU Joël, BARIANI Didier, BEDOSSA Adrien, BENHAMOU François, BENHAMOU-PANETTA Alice, BERKOVICZ Gregory, BORAS Jean-François, BOLZAN Jean-Jacques, CARRALE Patrick, DUTHEIL Françoise, FANARTZIS Philippe, FIALAIRE Bernard, Damien GUIGUET, HERIZI Samira, JOHNSON Olga, LANOE Stéphanie, LECHESNE Mariz, LEFEUVRE Elisabeth, LEONIE Vincent, MOREL Jean-Philippe, NICOUT Doris, NOCODIE Serge, POITOU Frédéric, PILCER Patrick, RISAC Claude, STEIN William, TALLOT Marie-Catherine, TALLOT Benoît, VAN DE WALLE Hélène

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